Seen from Space : L’ouragan IA sévit en Flandre, et sans doute aussi en Belgique
L’étude annuelle Digimeter constitue toujours un rendez-vous important : il permet de prendre le pouls de la consommation média et de l’évolution de différentes facettes technologiques dans le Nord du pays. Avec la possibilité de remonter jusqu’en 2009 pour certains sujets.
L’édition la plus récente, 2025, ne manque pas d’intérêt sur ce plan. Techniquement, elle a été réalisée de septembre à novembre derniers, auprès de 3001 répondants néerlandophones, âgés d’au moins 18 ans. L’immense majorité des questionnaires (91%) a été rempli en ligne, le reste sur papier.
L’une des tendances les plus commentées de cette dernière édition est “l’ouragan” de l’intelligence artificielle (IA) générative. “Ouragan” est le mot utilisé par IMEC, l’institut opérateur de l’étude.

La proportion de répondants déclarant avoir recours plus ou moins fréquemment à l’IA générative est passée de 34% en 2023 à pas moins de 64% en 2025 (45% en 2024).
Ceux que l’institut IMEC qualifie d’utilisateurs actifs (au moins une fois par mois) représentent aujourd’hui 43% des néerlandophones interrogés. IMEC parle ici d’une technologie à la vitesse de pénétration jamais vue en Flandre. Avec des différences générationnelles marquantes : 75% des moins de 25 ans sont des utilisateurs actifs, quand cette proportion passe sous la moyenne générale à partir de 55 ans. La différence entre générations est d’ailleurs beaucoup plus marquée que celle qui caractérise les niveaux de revenus.
Sans surprise, vu l’âge des utilisateurs intensifs, l’IA générative est assez massivement utilisée dans le cadre scolaire ou académique : 81% du (petit) segment des étudiants déclare y avoir recours “pour l’école”. L’usage professionnel est moins massif parmi les répondants concernés : 52%, un individu sur deux en pratique, dit utiliser l’IA générative pour son travail.

Parmi la grosse quinzaine d’utilisations proposées, les plus populaires ont trait à la recherche d’info, la conception de textes et l’inspiration.
Des usages qui peuvent varier suivant les profils. Ceux-ci amènent aussi à des usages plus diversifiés : 5,6 en moyenne chez les moins de 24 ans contre moins de 5 (4,8) chez les 55-64 ans.
On notera en particulier que l’aide au shopping en ligne est (pour le moment ?) une utilisation plutôt limitée.
IMEC classe les usages de l’IA suivant trois critères : la recherche efficace d’information, la productivité et une catégorie “autres”.
En parlant productivité, 46% des utilisateurs d’IA générative estiment gagner grâce à elle au moins 10 minutes par jour, contre 22% qui considèrent n’avoir fait aucun gain de temps (16%) ou en avoir au contraire perdu (6%). On peut estimer le temps moyen gagné par les individus concernés à une vingtaine de minutes par jour.

Entre 2024 et 2025, le recours à des versions payantes de l’IA générative a pratiquement doublé, de 8 à 15% des répondants concernés. Mais, dans les données 2025, moins d’un tiers (4%) des utilisateurs de versions payantes la financent eux-mêmes. C’est le plus souvent l’employeur qui est l’origine du paiement.
On l’a dit : ces données ne concernent que la Flandre. Néanmoins le récent rapport “Digital Consumer Trends” du consultant Deloitte, qui porte lui sur l’ensemble de la Belgique, conclut également à une adoption de l’IA à marche forcée depuis 2023.
Avec là aussi une pénétration extrêmement importante dans les populations étudiantes (85% d’utilisateurs selon les données 2025). On peut donc raisonnablement penser que les tendances mises en avant par le Digimeter s’appliquent également dans la partie francophone du pays.
Bref, l’ouragan est national. Et on n’a pas fini d’en parler.
Source : Space
Auteur : Bernard Cools
E-mail : [email protected]
Téléphone : 02-6635733
Rédaction : MM.
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