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33 To Follow : Entre expertise et empathie, Alessa Vancottem (Mindshare) dans un secteur en mutation

33 To Follow : Entre expertise et empathie, Alessa Vancottem (Mindshare) dans un secteur en mutation

La liste 33 To Follow met en lumière une nouvelle génération de talents belges dans les domaines des médias, du marketing et de la communication. Pour cette édition, CommPass, en collaboration avec MMPUB et MediaSpecs, a sélectionné 33 professionnel·les prometteur·ses sur la base de nominations issues du secteur. Il ne s’agit pas d’un classement, mais d’une reconnaissance collective de profils qui se distinguent déjà par leur parcours, leur vision ou leur impact.

Dans ce cadre, The Media Leader est allé à la rencontre de plusieurs lauréat·es afin de mieux comprendre ce qui les anime, les inspire et guide leurs choix professionnels. Parmi eux, Alessa Vancottem, Client Manager chez Mindshare, qui combine expertise médias et sensibilité humaine pour naviguer dans un secteur en pleine mutation.

Peux-tu nous présenter brièvement ton parcours professionnel jusqu’à présent ? Et quelles sont tes fonctions actuelles ?

Actuellement, je suis Client Manager chez Mindshare, où je travaille depuis maintenant quatre ans et demi. J’ai commencé en tant que Digital Planner, un rôle axé sur la gestion et la stratégie de campagnes digitales ainsi que l’accompagnement de clients sur les leviers numériques. Avec le temps, j’ai évolué vers un poste de Client Manager, qui implique une vision plus globale et transversale des dispositifs médias, avec une gestion client à 360° sur l’ensemble des points de contact. Mon parcours est assez atypique, sortant d’études en économie avec un master en gestion et une spécialisation en marketing digital, j’ai rejoint Mindshare un peu par hasard, dans un contexte post-Covid où je cherchais initialement une expérience professionnelle temporaire. Ce qui devait être une opportunité de six mois s’est finalement transformé en une aventure professionnelle durable, qui m’a permis de me construire, de me spécialiser et de trouver pleinement ma voie.

Quel a été le moment, le déclic qui t’a donné envie de travailler dans le secteur marcom et qu’est-ce qui t’a motivée à travailler chez Mindshare ?

À l’origine, travailler dans le secteur marcom n’était pas un objectif clairement défini pour moi. C’est vraiment la pratique du métier, au quotidien, qui a fait naître l’envie et l’intérêt. En découvrant concrètement les enjeux des campagnes, la réflexion stratégique et la collaboration avec différents acteurs, j’ai progressivement pris goût à ce domaine et eu envie de m’y investir sur le long terme. Ce qui m’a surtout motivée à rester chez Mindshare, ce sont les personnes, la culture d’entreprise et les opportunités d’évolution qui m’ont été offertes. J’ai trouvé un environnement stimulant et bienveillant, qui m’a permis de grandir professionnellement, ce qui est essentiel pour moi en tant que jeune professionnelle dans un secteur où l’on a souvent envie d’explorer plusieurs horizons.

Tu as les clefs pour changer une règle du jeu dans le secteur. Tu toucherais à quoi ?

Je toucherais probablement à cette tendance à la standardisation excessive. Aujourd’hui, on parle beaucoup de « best practices », de guidelines par plateforme et de parcours médias prédéfinis, qui peuvent être utiles comme point de départ. Mais dans un secteur qui évolue aussi vite que le nôtre, je pense qu’il faut éviter de tout uniformiser. Le marketing et la communication restent avant tout un people business : on s’adresse à des personnes, avec des messages qui ne fonctionnent pas de la même manière selon les contextes, les audiences ou les moments. À force de trop standardiser, on risque de perdre en pertinence et en impact. Même si la technologie et l’automatisation prennent une place de plus en plus importante, ce qui est normal et positif, il est essentiel de continuer à remettre l’humain au centre, en gardant en tête que ce sont toujours des humains qui parlent à d’autres humains.

Le mot, le concept qui te fatigue le plus dans notre industrie ?

Le concept qui me fatigue le plus, c’est cette quête du “tout, tout de suite”, la recherche du résultat immédiat. Dans notre industrie, on a parfois tendance à penser que si on lance une campagne digitale aujourd’hui, on doit obtenir des performances dès demain. Le digital permet effectivement d’aller vite et d’obtenir des résultats rapidement, et je viens de cet univers, donc j’en connais la force. Mais ce n’est pas toujours la meilleure approche. Vouloir tout faire dans l’urgence peut nous faire perdre de vue la vision globale. Parfois, prendre un peu plus de recul, analyser davantage et réfléchir à une stratégie plus large permet d’obtenir des résultats plus solides, plus cohérents et souvent plus durables, y compris à court terme.

Quel regard portes-tu sur la place des médias locaux face aux grandes plateformes globales ?

Je serais surprise que qui que ce soit dise que ce n’est pas un sujet important aujourd’hui. La place des médias locaux face aux grandes plateformes globales est un vrai débat, surtout dans un pays comme la Belgique. Les partenaires globaux apportent une efficacité indéniable, des économies d’échelle et des outils extrêmement puissants. On ne peut pas nier leur impact ni leur importance dans nos stratégies. Mais à l’inverse, la Belgique est un petit marché très fragmenté, avec ses spécificités et ses nuances culturelles, linguistiques et sociales. Les médias locaux connaissent leurs audiences en profondeur et permettent d’ancrer les messages dans une réalité beaucoup plus pertinente et contextualisée. À mes yeux, il ne s’agit pas d’opposer local et global, mais de trouver un équilibre intelligent entre les deux : les plateformes internationales offrent puissance et innovation, tandis que les acteurs locaux garantissent proximité et justesse du message. C’est un vrai jeu d’équilibriste, et négliger l’un ou l’autre serait passer à côté d’une partie de la solution.

Estimes-tu que notre industrie a un rôle sociétal à jouer, au-delà de son impact économique ?

Oui, je pense que notre industrie a clairement un rôle sociétal à jouer au-delà de son impact économique. Je me souviendrai toujours d’une campagne pour Olivier Vandecasteele avec Amnesty International, réalisée il y a quelques années. À ce moment-là, on a vu à quel point les médias peuvent amplifier un message, toucher un large public et participer à des débats importants pour la société. Cela m’a vraiment marquée : l’industrie a une voix, et il est essentiel de savoir comment l’utiliser, quand on en a l’occasion. Bien sûr, nous travaillons dans un environnement commercial et il faut composer avec cette réalité. Mais lorsqu’on a la possibilité de mobiliser nos outils et nos médias pour soutenir des causes, faire entendre des messages qui comptent et toucher des audiences de manière significative, c’est quelque chose qui a du sens et qui est important à mes yeux. On peut concilier les deux : performance économique et impact sociétal.

Selon toi, qu’est-ce qui fait un bon professionnel des médias en 2026 ?

C’est avant tout l’humain. Dans un secteur où la technique et l’IA prennent de plus en plus de place, nous restons dans un « people business » : nous travaillons avec des gens, pour des gens, et pour parler à des gens. La capacité à collaborer, à comprendre les autres, à anticiper leurs besoins et à construire des relations solides reste au cœur du métier. L’empathie et le relationnel sont essentiels : savoir mixer maîtrise technique et sensibilité humaine fait toute la différence. L’IA et les outils numériques peuvent transformer notre façon de travailler, mais ils ne remplaceront jamais la compréhension des subtilités humaines et la capacité à répondre aux attentes des équipes et des clients.

D’où tires-tu ton inspiration aujourd’hui ?

Clairement, ma première source d’inspiration, c’est le travail en équipe. Je fais partie de ces personnes qui aiment beaucoup le travail en présentiel, parce que les discussions sur un plateau avec les collègues sont vraiment hyper inspirantes. C’est comme ça qu’on apprend le plus, c’est là que naissent les idées et que l’on se challenge mutuellement. Ensuite, j’ai la chance d’avoir eu un manager, Corentin Franzin, qui m’a énormément poussée ces dernières années et m’a permis de progresser et d’évoluer, c’est vraiment quelqu’un qui a influencé ma carrière. Enfin, mes parents, qui ont eux-mêmes fait toute leur carrière dans les médias, ont été et restent une grande source d’inspiration. J’ai la chance de travailler aujourd’hui avec ma maman et bénéficier de ses connaissances et de son expérience est un privilège et un moteur pour continuer à apprendre et à me dépasser.

Ta plus grande fierté professionnelle à ce stade ?

C’est probablement d’avoir eu la chance de remporter un Gold aux AMMA Awards en 2023, après seulement deux ans chez Mindshare. C’était mon tout premier case et je travaillais avec un client que j’adorais. Pouvoir lui apporter ce résultat, tout en contribuant au succès de l’entreprise, m’a vraiment rendue fière.

Pour finir, où te vois-tu dans 5 ans ?

J’ai une soif d’apprendre, ce que je recherche avant tout, c’est la possibilité de continuer à me former et à évoluer. Le monde a changé plus vite ces cinq dernières années que jamais auparavant, et cette accélération ne va pas s’arrêter. Tant que je peux grandir, suivre les évolutions du secteur et relever de nouveaux défis, je suis contente. Pour moi, c’est ça le plus important.

Les interviews de toustes les lauréat·es de la liste 33 To Follow de CommPass sont disponibles via ce lien.

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