Sofie Verslype (Bauer Media Outdoor) : d’un parcours atypique à une reconnaissance parmi les 33 To Follow
The Media Leader s’est entretenu avec Sofie Verslype, team leader de l’équipe Campaign Planning chez Bauer Media Outdoor. Elle revient sur son parcours atypique, explique comment elle stimule l’innovation et la collaboration au sein de son équipe, et partage sa vision du rôle que les médias peuvent jouer en matière d’impact sociétal.
Sofie fait partie des 33 professionnels prometteurs mis à l’honneur cette année par 33 To Follow. Pour cette première édition, CommPass, en collaboration avec MM, PUB et MediaSpecs, a sélectionné 33 jeunes talents des médias sur base de nominations issues du secteur. Le jury précise qu’il ne s’agit pas d’un classement : être nommé signifie déjà que l’on se démarque.
Peux-tu nous résumer ton parcours jusqu’à aujourd’hui ? Et que fais-tu concrètement actuellement ?
Mon parcours n’est pas classique pour quelqu’un dans le secteur marcom. J’ai étudié la philosophie et les sciences politiques, et mes premières expériences professionnelles se situaient dans des contextes de crise et opérationnels. Pendant la période du COVID, j’ai travaillé chez WEngage dans différentes fonctions, notamment dans le contact tracing et la gestion des plaintes. Ensuite, j’ai rejoint Luminus en tant que Channel Coordinator, où j’étais responsable de la gestion opérationnelle de plusieurs canaux de vente. C’est là que j’ai appris à structurer, organiser des processus et coordonner des équipes.
Mon passage chez Bauer Media Outdoor s’est fait assez naturellement. J’ai commencé dans l’équipe Campaign Planning, qui était alors principalement opérationnelle et administrative : facturation, attribution des panneaux, organisation pratique des campagnes. Aujourd’hui, je suis team leader et notre équipe est devenue un véritable pivot central au sein de l’entreprise.
Nous sommes passés d’un rôle purement exécutif à un rôle stratégique. Nous réfléchissons à la mise en place des campagnes digitales et classiques, à l’optimisation de la collaboration avec les autres départements, à la flexibilité envers les clients et à l’amélioration des processus.
Aujourd’hui, nous sommes souvent sollicités comme centre d’expertise et d’information en interne, et c’est une évolution dont je suis particulièrement fière.
Quel a été le moment, le déclic qui t’a donné envie de travailler dans le secteur marcom et qu’est-ce qui t’a motivée à travailler pour Bauer Media Outdoor ?
Honnêtement, je n’ai jamais décidé consciemment de travailler dans le marcom. Les choses se sont faites très naturellement.
Au départ, l’un de mes plus grands moteurs était le fait que je suis néerlandophone et que je ne parlais pas français. L’équipe Campaign Planning était alors entièrement francophone, ce qui représentait un défi. Cela m’a énormément motivée. Aujourd’hui, je parle couramment français, c’est un beau résultat de cette première étape.
Bauer Media Outdoor offre un environnement où beaucoup de choses sont possibles : on peut proposer des idées, remettre en question des processus, initier des changements. La confiance et l’ouverture au dialogue avec les membres de la direction sont particulièrement stimulantes.
Je trouve aussi beaucoup d’inspiration dans les initiatives autour de l’inclusion et de la diversité. Avec Louise Mertens, j’ai contribué à développer la première année de notre programme interne Bauer Connect, porté par des ambassadeurs qui lancent des initiatives et maintiennent activement le dialogue sur l’inclusion au sein de l’organisation. C’est très beau de voir l’impact de ces projets sur les personnes et sur la dynamique d’équipe.
Et aujourd’hui, je peux le dire : j’aime vraiment ce secteur. C’est un écosystème composé de personnes créatives et ouvertes. Que ce soit lors d’événements comme les initiatives de CommPass ou d’autres rencontres sectorielles, on sent que la collaboration y est centrale.
Quel regard portes-tu sur la place des médias locaux face aux grandes plateformes globales
Je trouve ce débat très pertinent. Bauer Media est un groupe allemand avec différentes implantations en Europe. Nous travaillons donc dans un contexte international, tout en restant fortement ancrés localement.
La collaboration internationale enrichit énormément : on échange des bonnes pratiques, on apprend d’autres marchés, on débat de défis similaires. Même si les marchés sont parfois très différents, on retrouve souvent des schémas ou des solutions transposables localement.
Le véritable défi réside dans l’équilibre : comment combiner des attentes internationales avec la réalité locale ? Je crois beaucoup au dialogue bidirectionnel : pas seulement du top-down, mais aussi la possibilité pour les idées locales de remonter vers le haut. Quand ce dialogue fonctionne, tout le monde y gagne.
Estimes-tu que notre industrie a un rôle sociétal à jouer, au-delà de son impact économique ?
Absolument. Et l’out-of-home occupe une position particulière à cet égard.
Nous disons souvent que nous offrons une plateforme aux marques, mais aussi une « platform for good ». En tant qu’acteur de l’out-of-home, nous travaillons via des concessions avec les villes et les communes. Les investissements retournent donc directement à la société.
Nous donnons également de la visibilité à des causes importantes. Par exemple, durant la période de Noël, nous avons mené une campagne pour Samu Social, où nous affichions en temps réel, sur nos écrans digitaux, le nombre de dons effectués. Le message jouait sur la météo : « Il pleut en ce moment. Imaginez devoir dormir dehors. » Ce type de campagne pousse réellement à la réflexion.
Nous collaborons aussi avec Art Crush, en offrant aux artistes une visibilité sur nos écrans digitaux à travers tout le pays. Nous leur donnons ainsi une scène qu’ils n’auraient peut-être pas eue autrement.
Les médias influencent ce qui est visible dans l’espace public. Cela implique une responsabilité.
Selon toi, qu’est-ce qui fait un bon professionnel des médias en 2026 ?
Je pense que ce sera une combinaison de deux éléments.
D’une part, la capacité analytique restera cruciale. Les données, les systèmes, l’IA, tout cela ne fera que gagner en importance. Il faudra savoir interpréter des chiffres, reconnaître des tendances et travailler avec la technologie.
Mais d’autre part, le facteur humain deviendra encore plus essentiel. Les données seules ne suffisent pas. Il faut comprendre l’histoire derrière les chiffres. Oser poser des questions. Faire preuve d’empathie envers les clients, les collègues et le contexte sociétal.
L’impact réel naît de la combinaison entre rigueur analytique et intelligence humaine.
D’où tires-tu ton inspiration aujourd’hui ?
Pour moi, tout commence par la curiosité. Continuer à poser des questions. Même après quatre ans dans la même organisation, je suis très consciente de tout ce que je ne sais pas encore.
J’apprends énormément en échangeant avec mes collègues. Chez Bauer, certains ont 25 à 30 ans d’expérience dans différents domaines du secteur des médias. C’est une véritable mine d’or. À travers les discussions, la recherche de contexte et la compréhension des enjeux sous-jacents, on construit progressivement un cadre solide.
Je suis également des formations, en interne via notre Bauer Campus et en externe via des initiatives sectorielles. L’outdoor et la régie sont des niches spécifiques ; il est donc important de garder une vision large du secteur.
Ta plus grande fierté professionnelle à ce stade ?
Je suis fière de l’évolution de l’équipe Campaign Planning. Lorsque j’ai commencé, elle avait un rôle principalement exécutif. Aujourd’hui, nous sommes un partenaire central au sein de l’organisation. Nous participons aux discussions stratégiques, réfléchissons aux innovations et stimulons la collaboration.
Ce n’est pas une réussite individuelle, mais je sais que j’y ai contribué. C’est un processus qui s’est construit sur plusieurs années. Voir que cela fonctionne et que l’équipe reçoit de la reconnaissance procure énormément de satisfaction.
Pour finir, où te vois-tu dans 5 ans ?
Je n’ai pas de réponse très précise en termes de titre de fonction.
Je ne me projette pas forcément dans un rôle spécifique, mais plutôt dans une position où je pourrai continuer à avoir de l’impact. Aider les équipes à grandir, améliorer les processus et accompagner le changement.
J’aime les défis et l’évolution. Tant que je peux continuer à apprendre, contribuer à l’amélioration et évoluer avec l’organisation, je suis satisfaite.
Et honnêtement ? Je me vois encore chez Bauer Media dans cinq ans. L’espace que j’y ai pour concrétiser mes idées et grandir est extrêmement précieux pour moi.
Les interviews de toustes les lauréat·es de la liste 33 To Follow de CommPass sont disponibles via ce lien.
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