33 To Follow : Valentine Dupont, penser les médias à l’heure des usages hybrides
La liste 33 To Follow met en lumière une nouvelle génération de talents belges dans les domaines des médias, du marketing et de la communication. Pour cette édition, CommPass, en collaboration avec MM, PUB et MediaSpecs, a sélectionné 33 professionnel·les prometteur·ses sur la base de nominations issues du secteur. Il ne s’agit pas d’un classement, mais d’une reconnaissance collective de profils qui se distinguent déjà par leur parcours, leur vision ou leur impact.
Dans ce cadre, The Media Leader est allé à la rencontre de plusieurs lauréat·es afin de mieux comprendre ce qui les anime, les inspire et guide leurs choix professionnels. Parmi eux, Valentine Dupont, active chez RTL Belgium, où elle combine planification média et marketing digital dans son rôle de Digital Media Expert. Issue d’un parcours initialement orienté vers la gestion, elle évolue aujourd’hui à la croisée du linéaire et du digital, dans un contexte de transformation profonde des usages médias.
Peux-tu nous présenter brièvement ton parcours professionnel jusqu’à présent ? Et quelles sont tes fonctions actuelles ?
J’ai commencé par une formation en ingénieur de gestion avant de me réorienter vers le marketing et la communication. J’ai ensuite suivi un premier master en communication 360°, puis un second en communication digitale et e-commerce, plus centré sur la publicité en ligne et les réseaux sociaux. Dans ce cadre, j’ai effectué deux stages chez RTL, en media planning et media buying. À l’issue de ces stages, j’ai été engagée dans cette fonction. Mon rôle a depuis évolué avec l’ajout d’une dimension marketing digital. Aujourd’hui, je gère des stratégies média offline et online, ainsi que les campagnes sur des plateformes comme Meta ou TikTok.
Quel a été le moment, le déclic qui t’a donné envie de travailler dans le secteur marcom et qu’est-ce qui t’a motivée à travailler chez RTL ?
J’ai toujours été attirée par l’univers de la publicité et par la capacité qu’elle a à raconter des histoires. En télévision, le défi est particulier, car on ne vend pas un produit mais des contenus et des programmes. Cela demande une réflexion stratégique plus poussée et une vraie compréhension des publics. L’audiovisuel m’a toujours fascinée pour cette raison. Travailler chez RTL représentait une opportunité de relever ces défis dans un environnement local fort. C’est ce côté à la fois créatif et stratégique qui m’a convaincue.
Tu as les clefs pour changer une règle du jeu dans le secteur. Tu toucherais à quoi ?
Je changerais la manière dont on mesure la performance en audiovisuel, en particulier en télévision. Aujourd’hui, on raisonne encore trop souvent en silos entre linéaire et digital. Or les usages sont devenus hybrides et les parcours d’audience beaucoup plus complexes. Une mesure réellement cross-média permettrait de mieux refléter la réalité des comportements. Cela offrirait des indicateurs plus qualitatifs. Et cela aiderait autant les médias que les annonceurs à prendre des décisions plus pertinentes.
Le mot, le concept qui te fatigue le plus dans notre industrie ?
Le mot « ciblage » est très central dans mon métier, mais il est parfois utilisé comme une fin en soi. Or ce n’est qu’un levier parmi d’autres dans une stratégie de communication globale. Une campagne efficace ne repose pas uniquement sur le fait de toucher la bonne personne. Elle dépend aussi du bon moment, du bon mix média et surtout de la qualité de la création. Le message et le contexte restent essentiels. Se focaliser uniquement sur le ciblage peut faire perdre de vue ces dimensions.
Quel regard portes-tu sur la place des médias locaux face aux grandes plateformes globales ?
Je ne pense pas qu’il faille opposer médias locaux et plateformes globales. Les acteurs globaux apportent une puissance et une portée importantes. Les médias locaux, eux, offrent une proximité et une pertinence éditoriale spécifiques. L’enjeu est de trouver un équilibre entre les deux. Ils peuvent dialoguer et se compléter intelligemment. Même si la concurrence est réelle, chacun a une valeur ajoutée distincte. Cette coexistence me semble inévitable.
Estimes-tu que notre industrie a un rôle sociétal à jouer, au-delà de son impact économique ?
Oui, clairement. Les marques et les médias influencent les imaginaires et les comportements, qu’on le veuille ou non. En tant que professionnels, nous avons aussi une responsabilité dans l’usage des données. Cela inclut la lutte contre la désinformation. Des acteurs comme RTL Info jouent un rôle essentiel en matière de crédibilité éditoriale. Cette responsabilité va au-delà de la seule performance. Il s’agit aussi de respecter les audiences et de préserver la confiance.
Selon toi, qu’est-ce qui fait un·e bon·ne professionnel·le des médias en 2026 ?
C’est avant tout quelqu’un qui comprend que le secteur évolue en permanence. Les usages changent, l’offre se multiplie et la concurrence des plateformes est forte. Il faut être capable de s’adapter à cette réalité. Un bon professionnel ne doit pas opposer télévision linéaire et digital. Il doit au contraire savoir articuler intelligemment les deux. Cette vision hybride devient une compétence clé.
D’où tires-tu ton inspiration aujourd’hui ?
Je m’intéresse beaucoup à ce que fait la concurrence, notamment en France, pour comprendre les tendances du secteur. Observer d’autres marchés permet de prendre du recul. Je lis aussi régulièrement Trends-Tendances, qui est une vraie source d’inspiration. Cela me permet de mieux comprendre les dynamiques économiques et médiatiques. Plus largement, je suis attentive aux contenus liés au marketing et à la publicité. Cela nourrit ma réflexion au quotidien.
Ta plus grande fierté professionnelle à ce stade ?
Être sélectionnée dans la liste 33 To Follow est une belle reconnaissance pour moi. Mon parcours est encore jeune et cette distinction confirme que j’ai fait le bon choix en me réorientant vers les métiers du marketing. Elle donne aussi du sens aux doutes que j’ai pu avoir. Sur le plan opérationnel, je suis fière d’une campagne d’affichage autour de la série Zorro avec Jean Dujardin. Nous avions investi la station de métro Gare Centrale avec un dispositif créatif fort. C’était un projet ambitieux et très formateur.

Pour finir, où te vois-tu dans 5 ans ?
J’aimerais continuer à évoluer dans le secteur des médias, idéalement chez RTL. Le marché va encore beaucoup changer dans les années à venir. J’ai envie de faire partie de ces évolutions et d’y contribuer. Mon objectif est de gagner en responsabilités tout en continuant à apprendre. Je ne me projette pas dans une fonction précise. Mais je souhaite rester dans un environnement aussi stimulant.
Les interviews de toustes les lauréat·es de la liste 33 To Follow de CommPass sont disponibles via ce lien.
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