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33 To Follow – Iris Verdoodt (Mindshare) : de spécialiste digitale à voix stratégique dans l’impact des médias

33 To Follow – Iris Verdoodt (Mindshare) : de spécialiste digitale à voix stratégique dans l’impact des médias

The Media Leader s’est entretenu avec Iris Verdoodt, Media Effectiveness Strategist chez Mindshare Belgium. Iris partage son parcours, qui l’a menée des campagnes digitales au leadership stratégique, ainsi que sa vision du rôle que les médias peuvent jouer en matière d’impact sociétal.

Elle fait partie des 33 jeunes talents prometteurs mis à l’honneur cette année par 33 To Follow. Pour cette première édition, CommPass, en collaboration avec MM, PUB et MediaSpecs, a sélectionné 33 jeunes professionnels des médias sur la base de nominations issues du secteur. Le jury précise qu’il ne s’agit pas d’un classement : être nominé signifie déjà s’être distingué.

Peux-tu nous présenter brièvement ton parcours professionnel jusqu’à présent ? Et quelles sont tes fonctions actuelles ?

Cela fait maintenant près de dix ans que je travaille dans les médias, ce qui me paraît parfois encore étonnamment long quand je le dis moi-même. J’ai étudié le management de la communication, avec très tôt un intérêt marqué pour les médias. Pendant mes études, nous pouvions choisir différentes spécialisations, et pour moi le choix était évident. Mon stage dans une agence média n’a fait que confirmer cette intuition. J’y ai découvert une réelle affinité pour le digital, ce qui m’a poussée à poursuivre avec une année supplémentaire en médias digitaux et management.

J’ai commencé ma carrière au sein d’une équipe digitale, comme spécialiste SEA. J’ai ensuite évolué vers la planification digitale, puis vers le client management. Ces premières années ont été extrêmement formatrices, car on est très proche de l’exécution et on comprend concrètement comment les médias fonctionnent. À un moment donné, j’ai fait un détour vers le contenu, dans une agence plus petite. C’était très enrichissant, mais cela m’a aussi permis de réaliser que les médias restaient vraiment mon domaine de prédilection.

Je suis ensuite revenue dans le secteur et j’ai continué à évoluer vers des fonctions stratégiques. Aujourd’hui, j’occupe un rôle stratégique où je regarde bien au-delà des seuls canaux digitaux. Je réfléchis à l’allocation média, à la stratégie de marque et aux objectifs business. Ce que j’aime particulièrement, c’est que l’on apprend en permanence. On ne se limite pas aux campagnes : on adopte une vision globale, et c’est précisément ce qui rend le métier si passionnant aujourd’hui.

Quel a été le moment, le déclic qui t’a donné envie de travailler dans le secteur marcom et qu’est-ce qui t’a motivée à travailler chez Mindshare ?

Assez tôt, j’ai su que je voulais travailler dans la communication. De manière assez amusante, en dernière année de secondaire, on m’a conseillé de devenir enseignante, parce que j’étais à l’aise avec les gens et capable d’expliquer les choses clairement. J’ai énormément de respect pour les enseignants, mais j’ai immédiatement su que ce n’était pas pour moi. En revanche, la dimension humaine m’est restée. Cet intérêt pour les personnes et la manière dont on transmet un message correspond parfaitement à la communication.

Pendant mes études, j’ai remarqué que beaucoup de profils en communication sont soit très créatifs, soit très analytiques. Les médias, eux, combinent ces deux dimensions. On travaille avec des histoires et de l’impact, mais aussi avec des chiffres et de la performance. Cette tension m’a toujours attirée.

Ce qui m’a séduite chez Mindshare, c’est la combinaison entre ancrage local et ambition. Il y a une forte connexion avec l’écosystème local, tout en gardant une réelle volonté d’innover et de se projeter vers l’avenir. Cet équilibre entre proximité et vision progressiste est très inspirant.

Quel regard portes-tu sur la place des médias locaux face aux grandes plateformes globales ?

Ce débat gagne en importance chaque année. Les acteurs globaux ont évidemment leur valeur : ils apportent l’échelle, la technologie et la facilité d’utilisation. Mais la facilité ne devrait jamais être la seule raison d’un choix média. Les médias doivent avant tout servir la marque, à court comme à long terme.

Les médias locaux jouent un rôle essentiel : ils garantissent la pertinence culturelle et la confiance, des éléments difficiles à reproduire sur des plateformes globales. Alors que les marques cherchent de plus en plus à renforcer la proximité et l’authenticité, l’importance des écosystèmes locaux devient évidente.

Pour moi, il ne s’agit pas d’une opposition binaire. Ce n’est pas local versus global, mais une question d’équilibre. Une combinaison réfléchie, avec des choix assumés quant à l’impact recherché, est selon moi la clé.

Estimes-tu que notre industrie a un rôle sociétal à jouer, au-delà de son impact économique ?

Absolument. Les médias ont par nature un impact, et là où il y a de l’impact, il y a aussi une responsabilité. Nous touchons chaque jour un très grand nombre de personnes et influençons en partie leur perception du monde. Cela dépasse largement le cadre des campagnes.

Je crois fortement au principe du « lead by example ». En tant que secteur, nous pouvons montrer l’exemple : communiquer de manière plus inclusive, être plus attentifs à la diversité et réfléchir à la manière d’attirer et de faire grandir les talents. De petits gestes peuvent faire une grande différence : la façon dont on communique, les personnes que l’on met en avant, les opportunités que l’on crée.

Nous ne devons pas sous-estimer ce rôle sociétal. Justement parce que notre portée est si large, nous pouvons contribuer à accélérer un changement positif.

Selon toi, qu’est-ce qui fait un bon professionnel des médias en 2026 ?

Les fondamentaux restent essentiels : travailler de manière structurée, penser de façon analytique, comprendre les chiffres. Mais s’il ne fallait retenir qu’une qualité, ce serait la curiosité. Les médias évoluent tellement vite qu’on ne peut jamais se reposer sur ses acquis.

Un bon professionnel des médias regarde au-delà de sa fonction. Il cherche à comprendre les consommateurs, le modèle économique de son client et les évolutions technologiques. Avec l’essor de l’IA, il est crucial de ne pas attendre passivement, mais d’apprendre et d’expérimenter activement.

Cet état d’esprit ouvert, continuer à poser des questions, à explorer, fait la différence. Ce n’est pas forcément celui qui sait le plus, mais celui qui a le plus envie de continuer à apprendre.

D’où tires-tu ton inspiration aujourd’hui ?

Dans de nombreuses sources. LinkedIn et la presse spécialisée sont évidents, mais l’inspiration vient aussi des échanges avec des collègues ou des clients. J’apprends énormément en étant simplement curieuse et en posant des questions : pourquoi avoir choisi cette approche, qu’est-ce qui a fonctionné ou non ?

Les événements et les panels apportent également de nouvelles perspectives, car on y entend des points de vue en dehors de sa bulle habituelle. Observer ce qui se passe autour de nous est tout aussi important : comment évoluent les comportements des consommateurs ? Pourquoi font-ils certains choix ? Cette vision plus large m’aide à comprendre et à relier les tendances.

Je suis également fière de pouvoir donner moi-même des formations. Récemment, avec un collègue, j’ai animé une formation pour CommPass sur la vidéo en ligne et les médias digitaux. C’est très gratifiant de transmettre ses connaissances et de voir l’inspiration que cela suscite. C’est une manière de redonner au secteur et de partager mon expérience. Dans la même logique, nous avons également donné une formation préparatoire sur la data pour les participants aux Young Media & Channel Expert Awards.

Ta plus grande fierté professionnelle à ce stade ?

Il y a bien sûr des accomplissements objectifs dont on peut être fière : les AMMA Awards, le prix BMMA Next Gen, ou encore la reconnaissance dans des programmes comme les Young Media & Channel Expert Awards, auxquels j’ai participé avant d’y donner une formation préparatoire. C’est valorisant et motivant. Récemment, j’ai aussi obtenu ma certification mini-MBA, ce dont je suis très fière. Mais si je suis honnête, ma plus grande fierté se situe ailleurs.

Ce qui me procure le plus de satisfaction, ce sont les relations construites avec les clients. Une véritable relation de confiance, qui va au-delà du simple rapport client-fournisseur. Se comprendre, pouvoir échanger ouvertement, chercher ensemble des solutions.

Ces partenariats fondés sur la confiance mutuelle rendent le travail bien plus riche. Ce sont ces moments-là où l’on sent que l’on a un réel impact, non seulement sur les campagnes, mais aussi sur la collaboration et la croissance.

Pour finir, où te vois-tu dans 5 ans ?

C’est une question difficile, surtout dans un secteur qui évolue si vite. Ce que je peux affirmer avec certitude, c’est que je serai toujours dans les médias. Cela peut paraître cliché, mais c’est réellement ma passion.

Aujourd’hui, je sens que la stratégie est ma place, donc j’espère continuer à y évoluer et à accroître mon impact. Peut-être dans un rôle plus senior ou avec des responsabilités élargies, mais surtout en continuant à apprendre et à progresser. Les médias ne stagnent jamais, et c’est justement ce qui les rend si attractifs. Tant que je peux continuer à construire, découvrir et rester pertinente dans ce secteur, je serai à ma place. C’est pour moi la perspective la plus importante pour l’avenir.

Les interviews des 33 lauréats de 33 To Follow sont disponibles ici.

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