33 To Follow : Hanna Mathuis (PHD Media) révèle sa vision du talent média et des campagnes impactantes
33 To Follow met en lumière les jeunes talents belges des médias. Pour cette première édition, CommPass, en collaboration avec MM, PUB et MediaSpecs, a sélectionné 33 professionnels prometteurs, sur base de nominations provenant du secteur. Le jury précise qu’il n’y a pas de classement : être nommé, c’est déjà avoir fait ses preuves.
The Media Leader a rencontré certains de ces talents pour comprendre ce qui les motive et les inspire dans leur carrière. Aujourd’hui, c’est au tour de Hanna Mathuis, Business Manager chez PHD Media.
Peux-tu nous présenter brièvement ton parcours professionnel jusqu’à présent ? Et quelles sont tes fonctions actuelles ?
Ma carrière a commencé pendant la période du COVID-19, alors que je cherchais mon premier emploi. J’ai ainsi intégré Alpro, filiale de Danone, dans le cadre d’un Digital Marketing Traineeship. Ce programme m’a offert une introduction complète au marketing digital : CRM, gestion de sites web, marketing d’influence… Une excellente manière de découvrir le secteur et d’identifier mes véritables centres d’intérêt.
Six mois plus tard, j’ai déménagé de Gand à Bruxelles pour rejoindre Ici Paris XL en tant que Junior Digital Marketing Specialist. Je me concentrais alors principalement sur l’e‑commerce : promotions sur le site, UX, visibilité chez les retailers et coordination des campagnes. J’ai ensuite évolué vers le poste de Media & Performance Marketer, responsable des médias online et offline, toujours avec un focus sur les ventes et le ROAS. Une période intense mais très formatrice, où stratégie et exécution se complétaient parfaitement.
À un moment, la dynamique d’une agence média m’a de plus en plus attirée, et c’est ainsi que je suis arrivée chez PHD Media. Aujourd’hui, je suis Business Manager pour trois clients : Mercedes-Benz, Caudalie et H&M, Mercedes représentant la majeure partie de mon temps. Nous travaillons full-funnel, de la notoriété à la conversion, en étroite collaboration avec le client, l’agence créative BBDO et différents partenaires médias. Ce contact direct me permet de rester alignée sur leurs besoins et de réagir rapidement à leurs attentes. Le travail est exigeant, mais cette intensité me donne de l’énergie et l’opportunité de continuer à grandir.
Quel a été le moment, le déclic qui t’a donné envie de travailler dans le secteur marcom et qu’est-ce qui t’a motivée à travailler pour PHD Media ?
La publicité et le marketing m’ont toujours fascinée. Petite, j’adorais feuilleter des magazines et observer les publicités, sans me rendre compte de la stratégie derrière. Pendant mes études en Sciences de la Communication et en Business Management, tout s’est accéléré : j’ai découvert combien il est intéressant d’analyser le comportement des consommateurs, de comprendre pourquoi ils font certains choix et d’apprendre comment un marque peut influencer de manière pertinente. Cela m’a motivée à choisir une carrière dans le secteur marcom.
Mon expérience chez Ici Paris XL a confirmé ce choix et m’a montré que le marketing correspondait parfaitement à mes intérêts. Ce qui m’a ensuite attirée vers PHD Media, c’est l’énergie et la variété d’une agence : le défi constant, la diversité des projets et la collaboration intensive avec les clients. C’est un environnement où l’on apprend et évolue chaque jour, et cela m’a tout de suite semblé juste.
Tu as les clefs pour changer une règle du jeu dans le secteur. Tu toucherais à quoi ?
Je remarque qu’aujourd’hui, on met souvent trop l’accent sur les résultats à court terme. De nombreux clients se concentrent logiquement sur des KPI immédiats, alors que les budgets sont sous pression. Cela rend difficile de construire des campagnes réellement stratégiques et durables.
La notoriété et l’impact à long terme jouent un rôle crucial dans la croissance durable d’une marque et ne doivent pas être sous-estimés. Même si la notoriété est moins directement mesurable que les campagnes de ventes, j’explique toujours à mes clients l’importance de cet équilibre et comment les deux se renforcent mutuellement.
Quel regard portes-tu sur la place des médias locaux face aux grandes plateformes globales
Oui, c’est très important. Les médias locaux jouent un rôle essentiel dans le paysage médiatique belge, et il est crucial de soutenir cet écosystème. En parallèle, les plateformes globales performent souvent mieux à court terme. Il faut donc constamment trouver un équilibre entre performance et partenariat.
Pour moi, les deux ont leur valeur : les médias locaux apportent diversité, créativité et relations durables, tandis que les plateformes globales offrent scalabilité et efficacité.
Concrètement, j’essaie à chaque briefing de créer un mix réfléchi : les canaux locaux obtiennent la visibilité et le soutien qu’ils méritent, tout en exploitant la performance des grandes plateformes. Le tout renforce à la fois la marque et le paysage médiatique dans son ensemble.
Estimes-tu que notre industrie a un rôle sociétal à jouer, au-delà de son impact économique ?
Certainement. Tout ce que nous communiquons influence les comportements de consommation et les tendances, ce qui donne à notre travail un impact sociétal considérable. Nous pouvons promouvoir l’inclusivité, rendre visibles les choix durables et raconter des histoires qui rapprochent plutôt que qui divisent. Même en planification média, nous pouvons faire la différence : réfléchir consciemment à l’investissement dans tel ou tel canal renforce un écosystème plus durable et équilibré. Il est encourageant de voir que de plus en plus de clients accordent de l’importance à cela et souhaitent s’impliquer activement avec nous.
Selon toi, qu’est-ce qui fait un bon professionnel des médias en 2026 ?
Un bon professionnel des médias combine vision stratégique et empathie : il comprend son client, construit une relation et la traduit en campagnes efficaces. La curiosité et l’esprit critique sont essentiels. Savoir transformer des insights complexes en exemples concrets pour le client, afin qu’il comprenne et puisse agir, est tout aussi crucial. Je constate que les clients font plus facilement confiance lorsque je relie les chiffres à une histoire concrète plutôt que de rester dans le jargon technique.
La collaboration est également clé : en interne avec les spécialistes pour exploiter l’expertise, en externe avec les clients pour atteindre des résultats communs. Un bon professionnel des médias relie ces mondes, clarifie les choses et crée un environnement où chacun peut donner le meilleur de lui-même.
D’où tires-tu ton inspiration aujourd’hui ?
Mes principales sources d’inspiration sont les personnes autour de moi : collègues, experts stratégiques et clients. En collaborant, posant des questions et échangeant des idées, je suis stimulée à penser plus loin et rester créative. Je m’inspire aussi de cas marquants comme les Mix Awards ou les AMMA’s, et je suis des experts marketing sur LinkedIn pour nourrir mes perspectives.
Le beau dans notre secteur, c’est qu’on n’arrête jamais d’apprendre : le paysage médiatique évolue constamment.
Ta plus grande fierté professionnelle à ce stade ?
Ce qui m’a le plus satisfaite, c’est la responsabilité que j’ai pu prendre chez PHD Media et la croissance qu’elle a engendrée. Diriger des projets de manière autonome et prendre des décisions m’a permis d’apprendre énormément sur la stratégie, la relation client et la résolution de défis complexes. Ce processus d’apprentissage, essayer, se tromper, ajuster et créer quelque chose dont on est fière, m’a façonnée et renforcé ma confiance en moi.
Je suis également fière du YMCE Strategy Award que j’ai remporté avec Manou Nys. Cette distinction symbolise pour moi le travail d’équipe, la complémentarité et la créativité.
Pour finir, où te vois-tu dans 5 ans ?
Dans cinq ans, je me vois idéalement dans un rôle de leadership au sein d’une agence, où je pourrais coacher, inspirer et accompagner une équipe dans son développement. Cela me donne de l’énergie : renforcer les personnes, leur donner une direction et construire ensemble des stratégies impactantes.
Une fonction de marketing manager m’attire également, idéalement dans le secteur beauté ou mode, et dans une entreprise qui place la durabilité au centre. Je pourrais alors combiner mes connaissances stratégiques avec ma passion pour les marques et leur valeur sociétale. L’essentiel pour moi est de continuer à apprendre, relever des défis et accomplir un travail qui a du sens, pour les clients, les collègues et la société.
Les interviews de toustes les lauréat·es de la liste 33 To Follow de CommPass sont disponibles via ce lien.
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